Les divers groupes ethniques vivant dans l’Extrême-Nord du Cameroun ont connu et connaissent encore des violences sociales. Durant la période coloniale, ces violences étaient connues sous le nom d’“incidents kirdi” . Tout comme chez les...
moreLes divers groupes ethniques vivant dans l’Extrême-Nord du Cameroun ont connu et connaissent encore des violences sociales. Durant la période coloniale, ces violences étaient connues sous le nom d’“incidents kirdi” . Tout comme chez les peuples de montagnes (Mafa, Mofou, Mada, Podoko, etc.), les “incidents kirdi” ont été aussi observés chez les peuples non musulmans de plaines (Moundang, Toupouri, Mousgoum, Guiziga, Massa, etc.). Les relations qu’entretiennent les populations des Monts Mandara ne sont pas toujours pacifiques. En plus des problèmes tels que la pression démographique, le relief et le climat défavorables s’ajoutent d’autres qui surviennent à la suite de certaines causes qui sont d’origines sociales, politiques ou économiques. Les problèmes liés à la sorcellerie, au foncier, à l’eau, au vol et aux rapts de femmes créent des mésintelligences entre les personnes, les massifs et les villages. Les réactions qui découlent de cette situation sont la levée des boucliers d’où les affrontements armés. Il s’en suit parfois des conséquences importantes. L’usage des armes de fabrication artisanale telle que les flèches souvent empoisonnées, les massues, les sabres, les lances, les gourdins ou les bâtons sont à l’origine d’immenses souffrances physiques, voire des décès des guerriers. Mais, sachant que les vies humaines sont sacrées, les populations règlent leurs conflits par d’autres moyens que les armes. Au niveau de chaque massif ou village, les chefs traditionnels et les patriarches sont les acteurs des mécanismes de résolution endogène des conflits. Grâce à leurs expertises, ils s’occupent avec beaucoup de délicatesse des tensions entre les belligérants. C’est dans cette perspective que Mangala Douvangar chef des Mofou de Douvangar, s’est distingué comme un véritable artisan de paix et de stabilité au sein sa population. Ce travail étudie les sources, les procédures et méthodes de résolutions des conflits utilisées ou supervisées par Mangala. Il s’agit dans ce travail de cerner d’abord de manière synoptique les causes de violences à Douvangar, ensuite analyser la contribution de Mangala Douvangar dans l’application des mécanismes de résolution traditionnel des conflits et enfin étudier l’influence de la modernité sur les mécanismes endogène de résolution des tensions. Les sources orales constituent le principal point d’appui de cet article en plus des sources écrites et iconographiques.
Mots clés : Mangala Douvangar, violences, conflits, résolution des conflits, massif et Monts Mandara